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Les services du FMI achèvent la mission de consultation de 2017 au titre de l’article IV avec l’Algérie

By   /   March 20, 2017  /   Comments Off on Les services du FMI achèvent la mission de consultation de 2017 au titre de l’article IV avec l’Algérie

MIL OSI – Source: IMF – News in French – Press Release/Statement

Headline: Les services du FMI achèvent la mission de consultation de 2017 au titre de l’article IV avec l’Algérie

le 20 mars 2017

Les communiqués de presse de fin de mission contiennent des déclarations des équipes des services du FMI qui rendent compte de leurs conclusions préliminaires. Les avis exprimés dans la présente déclaration sont ceux des services du FMI et ne correspondent pas nécessairement à ceux du Conseil d’administration du FMI. À partir des conclusions préliminaires de cette mission, les services du FMI prépareront un rapport qui, sous réserve de l’approbation de la Direction, sera présenté au Conseil d’administration pour examen et décision.

L’Algérie reste aux prises avec de redoutables défis liés au repli des cours du pétrole.

Des efforts ont été engagés pour s’adapter au choc des prix du pétrole. Les autorités ont réussi à réduire sensiblement le déficit budgétaire en 2016 et elles s’efforcent de redéfinir le modèle de croissance du pays.

Le rééquilibrage budgétaire devra être soutenu car les prix du pétrole devraient rester bas.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M.
Jean-François Dauphin a séjourné à Alger du 7 au 20 mars pour s’entretenir
avec les autorités dans le cadre des consultations de 2017 au titre de
l’article IV. Ces entretiens ont porté sur l’ensemble de mesures
appropriées pour faire face à la baisse des cours du pétrole. Au terme de
la mission, M. Dauphin a fait la déclaration suivante :

« L’Algérie reste confrontée à des défis importants posés par la baisse des
cours pétroliers. L’activité économique a été globalement résiliente, mais
la croissance s’est ralentie dans le secteur hors hydrocarbures sous
l’effet de la réduction des dépenses et est estimée à 3,4 % pour 2016. Le
taux d’inflation est passé de 4,8 % en 2015 à 6,4 % en 2016 et se chiffrait
à 8,1 %, en glissement annuel, en janvier 2017. Le taux de chômage s’est
accru à 10,5 % en septembre 2016 et reste particulièrement élevé chez les
jeunes (26,7 %) et les femmes (20,1 %). Malgré un certain redressement des
finances publiques en 2016, les déficits budgétaire et courant restent
larges et la dette publique a augmenté. Les réserves internationales, bien
qu’encore abondantes, ont chuté de 30 milliards de dollars et se chiffrent
maintenant à 113 milliards de dollars (hors DTS).

« Les efforts d’ajustement au choc pétrolier se poursuivent. Les autorités
ont réduit de façon notable le déficit budgétaire en 2016 et ont adopté un
ambitieux plan de redressement des finances publiques pour la période
2017-19. Elles ont progressé dans l’amélioration du climat des affaires et
œuvrent à une stratégie à long terme pour transformer le modèle de
croissance du pays de manière à promouvoir l’activité du secteur privé et
la diversification de l’économie. La banque centrale adapte ses instruments
de politique monétaire au resserrement des conditions de liquidité. Cette
dynamique croissante de réformes est bienvenue.

« Le défi à ce stade est de choisir une combinaison de politiques
économiques qui facilite l’adaptation durable de l’économie au choc
pétrolier, au moindre coût en termes de croissance et d’emploi.

« Le redressement des finances publiques devra s’inscrire dans la durée,
car les cours du pétrole devraient rester bas et les réserves
d’hydrocarbures ne sont pas inépuisables. Pour l’heure, l’effort de
redressement devrait reposer essentiellement sur les leviers suivants :
l’élargissement de l’assiette fiscale, grâce notamment à l’amélioration du
recouvrement de l’impôt et à la rationalisation des exonérations fiscales;
la maitrise des dépenses courantes; le remplacement progressif des
subventions à l’énergie, qui sont coûteuses et bénéficient surtout aux
ménages aisées, par un soutien direct aux personnes les plus défavorisées;
et l’amélioration de l’efficacité et la réduction du coût des dépenses
d’investissement. Il convient de préserver l’investissement dans la santé,
l’éducation et les systèmes de protection sociale bien ciblés. Il convient
également de soutenir ces efforts en continuant à améliorer le cadre de
gestion budgétaire et par un suivi attentif de la montée des risques
budgétaires.

« Il est cependant aussi important d’éviter une réduction trop abrupte du
déficit des finances publiques, pour atténuer le risque d’un très fort
ralentissement de la croissance. De l’avis de la mission, étant donné le
niveau relativement bas de la dette publique, l’Algérie pourrait se
permettre d’engager un redressement un peu plus progressif des finances
publiques que ne le prévoit le budget à moyen terme actuel, en prenant en
considération une gamme plus large d’options de financement, y compris les
emprunts extérieurs et la cession d’actifs publics.

« La mission soutient fermement les autorités dans leur intention de rendre
l’économie moins tributaire des hydrocarbures et de libérer le potentiel du
secteur privé. Cela est nécessaire non seulement pour que l’économie
s’adapte à la baisse des cours du pétrole, mais aussi pour qu’elle dispose
d’un vivier durable de création d’emplois au-delà de l’horizon des réserves
prouvées de pétrole et de gaz. Pour y parvenir, il faudra entreprendre des
réformes structurelles de vaste portée. Il est nécessaire d’améliorer le
climat des affaires et l’accès au crédit, de renforcer la gouvernance et la
transparence, de rendre le marché du travail plus efficace, de veiller à ce
que les compétences acquises grâce au système éducatif et recherchées par
les étudiants correspondent aux besoins des employeurs, de promouvoir la
participation en plus grand nombre des femmes à la vie active et d’ouvrir
plus largement l’économie aux investissements étrangers. La stratégie
d’ensemble devra être conçue et séquencée de telle sorte que les réformes
se renforcent mutuellement et que le poids de l’ajustement économique soit
équitablement partagé. Il convient d’agir sans tarder, car il faut un
certain temps pour que les réformes structurelles produisent leurs effets.

« Les politiques monétaire, financière et de change devront soutenir cet
ajustement. La poursuite des efforts en vue d’aligner le dinar sur la
situation fondamentale de l’économie, combinée à des mesures visant à la
résorption du marché des changes parallèle, favoriserait l’ajustement
budgétaire et extérieur. La Banque d’Algérie introduit à juste titre les
opérations d’open market, qui devraient devenir son principal instrument de
politique monétaire. Elle devra être prête à resserrer la politique
monétaire, au vu des tensions inflationnistes croissantes. D’après des
données préliminaires, le secteur bancaire est dans l’ensemble bien
capitalisé et rentable, mais le choc pétrolier a accru les risques de
liquidité, de taux d’intérêt et de crédit. Il est donc important
d’accélérer le passage à un système de supervision bancaire basé sur les
risques, d’affermir le rôle de la politique macroprudentielle, de renforcer
la gouvernance des banques publiques et de mettre en place un cadre de
résolution des crises.

« L’équipe du FMI a rencontré le Ministre des Finances, Hadji Baba Ammi; le
Ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb; le Ministre
du Commerce par intérim et Ministre de l’Habitat, Urbanisme et de la Ville,
Abdelmadjid Tebboune; la Ministre de l’Education, Nouria Benghebrit; le
Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, Mohamed El
Ghazi et le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal. La mission
s’est aussi entretenue avec des cadres supérieurs du gouvernement et de la
banque centrale et avec des représentants des secteurs économique et
financier et de la société civile.

« L’équipe du FMI tient à remercier les autorités algériennes et ses autres
interlocuteurs de leur chaleureuse hospitalité, de leur coopération et de
la franchise qui a caractérisé les échanges ».

Département de la communication du FMI
RELATIONS AVEC LES MÉDIAS
ATTACHÉ DE PRESSE: Wafa Amr
TÉLÉPHONE:+1 202 623-7100COURRIEL: MEDIA@IMF.org

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