La Mission du FMI conclut les discussions de 2019 avec les autorités régionales de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA)

Source: IMF – News in French

le 24 janvier 2019
L’inflation est restée faible, du fait de l’ancrage du franc CFA à l’Euro mais aussi d’une offre suffisante de produits vivriers et de la faible répercussion moyenne de la hausse des cours mondiaux du pétrole sur les prix intérieurs de produits pétroliers
Les efforts de consolidation budgétaire auraient permis au déficit budgétaire consolidé de passer de 4,3% du PIB en 2017 à 3,9% du PIB en 2018.
La croissance reste cependant sujette à des risques baissiers, y compris le risque de retards dans la mise en place des programmes de réformes nationaux, celui de nouveaux défis sécuritaires, ainsi que les incertitudes relatives à la croissance mondiale et aux conditions sur les marchés financiers internationaux.
Une équipe du Fonds Monétaire International (FMI) conduite par Madame Céline Allard a visité Ouagadougou, Abidjan, Dakar et Cotonou entre le 10 et le 24 janvier 2019 pour des discussions avec les institutions de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) sur les politiques communes de ses pays membres.
À la fin de la mission, Madame Allard a fait la déclaration suivante :
« La croissance économique régionale a dépassé 6% en 2018 pour la septième année consécutive, malgré une détérioration des termes de l’échange et la persistance de défis sécuritaires dans certains pays-membres. L’inflation est restée faible, compte tenu de l’ancrage du franc CFA à l’Euro mais aussi d’une offre suffisante de produits vivriers et de la faible répercussion moyenne de la hausse des cours mondiaux du pétrole sur les prix intérieurs de produits pétroliers. Les efforts de consolidation budgétaire auraient permis au déficit budgétaire consolidé de passer de 4,3% du PIB en 2017 à 3,9% du PIB en 2018. Les termes de l’échange défavorables ont contribué à une hausse du déficit du compte courant extérieur. La dette publique et le service de la dette se sont accrus, reflétant les niveaux encore élevés des déficits budgétaires et d’autres opérations des Trésors nationaux. La couverture des réserves de change en mois d’importations est passé de 3,9 à fin 2017 à 4,3 à fin 2018, une augmentation facilitée par les émissions d’Euro-obligations par la Côte d’Ivoire et le Sénégal, qui ont également contribué à atténuer les tensions sur la liquidité bancaire. Dans un contexte d’importantes réformes du cadre prudentiel et réglementaire, le secteur bancaire a continué d’enregistrer de bons résultats, malgré la persistance de zones de vulnérabilité.
« Les perspectives restent favorables mais sont sujettes à des risques baissiers. La croissance économique devrait rester supérieure à 6% sur le moyen terme, dans un contexte où tous les pays de l’UEMOA se sont fortement engagés à mettre en œuvre des programmes nationaux d’assainissement budgétaire et de développement visant à améliorer la compétitivité et renforcer la dynamique de l’investissement privé. Les principaux risques pesant sur cette perspective incluent le risque de retards dans la mise en place des programmes de réformes nationaux, celui de nouveaux défis sécuritaires, ainsi que les incertitudes relatives à la croissance mondiale et aux conditions sur les marchés financiers internationaux.
« L’ajustement des déficits budgétaires nationaux vers le critère de convergence de l’UEMOA de 3% du PIB à partir de cette année mais aussi une meilleure maîtrise des autres sources d’accroissement de la dette publique sont cruciaux pour assurer la stabilité macroéconomique et soutenir la croissance. La consolidation budgétaire nécessitera d’accroître la mobilisation des ressources intérieures pour permettre également de créer l’espace budgétaire nécessaire pour répondre de manière soutenable aux importants besoins de développement, y compris en matière d’investissement en infrastructures et de dépenses sociales et de sécurité.
« Au vu de l’évolution positive des réserves de change, la mission a évalué que l’orientation actuelle de la politique monétaire était appropriée, tout en soulignant que la BCEAO devait garder une flexibilité d’ajustement de ses opérations de politique monétaire en cas de changements importants. La transmission de la politique monétaire serait renforcée par une liquidité et une profondeur accrues du marché secondaire des titres et du marché interbancaire qui sont essentielles au développement du marché financier régional et donc du secteur privé.
« La mission a noté avec satisfaction que la première année d’introduction d’importantes réformes pour moderniser le secteur financier, conformément aux principes de Bâle II et III, s’est bien déroulée. Ces réformes incluent l’augmentation graduelle, sur plusieurs années, du capital minimum requis pour les établissements bancaires, l’introduction d’un nouveau plan comptable, le renforcement de la supervision consolidée des groupes bancaires, la mise en place d’un cadre de résolution bancaire renforcé ainsi que d’un fonds de garantie des dépôts et de résolution. La mise en œuvre effective de ces importantes réformes devrait rendre le système financier plus stable et plus résilient face aux chocs et lui donner plus d’espace pour financer le développement des économies de l’UEMOA.
« L’équipe du FMI exprime sa gratitude aux autorités et à tous les interlocuteurs qu’elle a rencontrés pour des discussions sincères et constructives ainsi que pour leur hospitalité légendaire. »

Département de la communication du FMI
RELATIONS AVEC LES MÉDIAS
ATTACHÉ DE PRESSE: Lucie Mboto Fouda
TÉLÉPHONE:+1 202 623-7100COURRIEL: MEDIA@IMF.org

MIL OSI

Des possibilités illimitées : créer plus d’emplois pour les jeunes dans les pays émergents et les pays en développement

Source: IMF – News in French

Des possibilités illimitées : créer plus d’emplois pour les jeunes dans les pays émergents et les pays en développementPar Christine Lagarde et John Bluedorn
le 22 janvier 2019
(PHOTO: SUPRI/REUTERS/NEWSCOM)
« Définir, c’est limiter » a dit Oscar Wilde. Pourtant, les économistes doivent parfois utiliser des définitions pour appréhender la portée d’un problème et trouver les moyens de lever les obstacles à la réussite. C’est particulièrement vrai pour les jeunes dans les pays émergents et les pays en développement. Nous savons qu’ils sont essentiels au développement économique et à la croissance. Ils représentent environ un tiers de la population en âge de travailler dans un pays émergent ou un pays en développement moyen.
Nous savons aussi que la jeunesse mondiale est confrontée à des marchés du travail difficiles et à des pénuries d’emplois. Dans un pays émergent ou un pays en développement moyen, quelque 20 % des 15 à 24 ans ne travaillent pas et ne font pas d’études contre 10 % en moyenne dans les pays avancés.

Le coût social et économique de cet écart est considérable. La confiance dans la société tend à être moindre dans les pays où le niveau d’inactivité des jeunes est plus élevé, ce qui augmente les risques de conflits sociaux. Une récente étude des services du FMI montre que si le sous-emploi des jeunes dans un pays émergent ou en développement moyen était aligné sur celui du pays avancé moyen, le taux d’emploi de la population en âge de travailler augmenterait de 3 points de pourcentage et la production de 5 %. C’est le genre de changement dont les jeunes, et tous les pays, ont le plus grand besoin.
Des politiques qui fonctionnent pour la prochaine génération
Comment peut-on y parvenir ?
Une éducation plus longue et meilleure constitue une réponse partielle, mais qui ne suffira pas. Dans les pays émergents et les pays en développement, trop de jeunes bien formés peinent à trouver de bons emplois.
Inspirée de nouvelles analyses utilisant à la fois des mégadonnées macroéconomiques et microéconomiques (des dizaines de millions de points de données individuels), notre étude publiée aujourd’hui mentionne une série de mesures qui peuvent contribuer à résorber l’écart avec les pays avancés. Elles amélioreront les perspectives d’emploi pour tous, mais surtout pour les jeunes non scolarisés.

Trois mesures en particulier méritent d’être privilégiées :
Premièrement, promouvoir l’égalité femme–homme sur le lieu de travail : la persistance d’importants écarts entre hommes et femmes est en grande partie à l’origine des moins bons résultats du marché du travail pour les jeunes dans les pays émergents et les pays en développement. En moyenne, près de 30 % des jeunes femmes n’y sont ni en activité ni scolarisées, soit presque deux fois plus que de jeunes hommes. Une partie, mais pas la totalité, de cette différence peut s’expliquer par les conséquences économiques de la maternité. Toutefois, la législation a également un rôle à jouer. En effet, lorsqu’elle protège les femmes de la discrimination dans l’emploi, leurs taux d’emploi et d’activité s’améliorent sans nuire aux hommes. Par exemple, si l’Afrique subsaharienne renforçait la protection juridique des femmes en la portant au niveau moyen de celle dans les pays émergents d’Europe et d’Asie centrale, nous estimons que les taux d’emploi et d’activité des jeunes femmes augmenteraient de 10 % à 15 %, ce qui réduirait sensiblement l’écart femme–homme.

Deuxièmement, un meilleur fonctionnement des marchés du travail : ne pas fixer des règles excessivement strictes, s’assurer que les indemnités de licenciement ne sont pas trop coûteuses et établir un salaire minimum pas trop élevé par rapport au salaire moyen, toutes ces mesures vont de pair avec une amélioration des taux d’emploi et d’activité des jeunes qui ne suivent pas d’études – en particulier des jeunes femmes. Une étude de l’histoire récente des réformes du salaire minimum en Indonésie le confirme. Dans les provinces indonésiennes qui ont relevé le salaire minimum officiel, par rapport au salaire moyen, de 10 % de moins que les autres provinces, le taux de chômage des jeunes a été inférieur de 1 à 1,5 point de pourcentage. Ces mesures ont bénéficié le plus aux jeunes femmes ; elles ont également entraîné une forte hausse du nombre des emplois formels (qui sont généralement plus productifs et souhaitables) offerts aux jeunes des deux sexes.
Troisièmement, une plus grande ouverture des marchés de produits : les gouvernements peuvent favoriser le dynamisme des marchés en intensifiant la concurrence et en encourageant l’entrepreneuriat. Dans le monde entier, beaucoup trop de jeunes n’ont pas accès aux capitaux et aux crédits nécessaires au lancement de leur entreprise ou à son expansion si elle existe déjà. Une baisse des coûts de lancement d’une jeune pousse, un allégement des formalités administratives pour les entreprises et une plus grande ouverture aux marchés internationaux s’accompagnent d’une amélioration des résultats en matière d’emploi des jeunes et de leur qualité. Nos recherches montrent qu’une libéralisation des marchés de produits, faisant passer la réglementation du niveau moyen de l’Asie du Sud et de l’Est à celui de l’Amérique latine et des Caraïbes, ferait augmenter de 5 % le taux d’activité des jeunes hommes
Il n’y a pas de temps à perdre
Les objectifs de développement durable des Nations Unies pour 2030 privilégient deux piliers pour les jeunes : réduire sensiblement leur taux de chômage et veiller à ce que ceux qui ne font pas d’études aient des possibilités d’emplois productifs et tangibles. Nous pouvons constater qu’il reste un long chemin à parcourir, mais une voie existe pour y arriver.
Le plus remarquable, et ce qui est plus rare en économie, est que les propositions de politique publique susceptibles d’aider les jeunes ne nécessitent pas d’arbitrage entre eux et leurs aînés. Elles bénéficient à tous et concourent à la croissance de l’économie d’un pays de façon saine et durable. Si nous faisons les bons choix maintenant, les avantages potentiels sont vraiment illimités.
***************
Christine Lagarde est directrice générale du Fonds monétaire international. Elle a exercé un premier mandat de cinq ans qui a été renouvelé en juillet 2016. De nationalité française, elle a été ministre des Finances en France de juin 2007 à juillet 2011, après avoir été Secrétaire d’État au commerce extérieur pendant deux ans.
Mme Lagarde a aussi effectué une longue et remarquable carrière d’avocate dans les domaines de la concurrence et du travail au sein du cabinet international Baker & McKenzie en tant qu’associée. Élue présidente par ses pairs en octobre 1999, elle a occupé ce poste jusqu’en juin 2005, date à laquelle elle a été nommée à son premier poste ministériel en France. Mme Lagarde est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP) et de la faculté de droit de l’université Paris X, où elle avait également enseigné avant d’entrer chez Baker & McKenzie en 1981.
John Bluedorn est économiste principal au département Europe du FMI où il fait partie de l’équipe chargée de la zone euro. Il a travaillé auparavant sur les Perspectives de l’économie mondiale au département des études du FMI, contribuant à de nombreux chapitres. Avant d’entrer au FMI, il était professeur à l’université de Southampton, au Royaume-Uni, après avoir été chercheur postdoctorant à l’université d’Oxford. M. Bluedorn a publié sur différents thèmes dans les domaines de la finance internationale, de la macroéconomie et du développement. Il est titulaire d’un doctorat de l’université de Californie à Berkeley. 

MIL OSI

L’expansion mondiale s’affaiblit face aux risques qui s’amplifient

Source: IMF – News in French

Gita Gopinath
le 20 janvier 2019
(Photo : Caro Schulz/Newscom)
Bien que la croissance mondiale en 2018 soit restée proche des sommets atteints après la crise, l’expansion mondiale s’affaiblit, et à un rythme un peu plus rapide que prévu. Cette mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale table sur une croissance mondiale de 3,5% en 2019 et de 3,6% en 2020, soit respectivement 0,2 et 0,1 point de pourcentage au-dessous des projections d’octobre dernier.
Ces révisions sont certes modestes, mais nous estimons que les risques qui pourraient appeler à des corrections plus conséquentes s’amplifient. Si les marchés financiers des pays avancés semblaient dissociés des tensions commerciales pendant une grande partie de 2018, les deux sont devenus inextricablement liés ces derniers mois, causant un durcissement des conditions financières et une aggravation des risques pesant sur la croissance mondiale.
Nous avons légèrement revu à la baisse nos prévisions pour les pays avancés, principalement en raison des révisions à la baisse pour la zone euro. Dans cette-dernière, les révisions notables ont porté sur l’Allemagne, où les difficultés de production dans le secteur automobile et la baisse de la demande extérieure pénaliseront la croissance en 2019, et l’Italie, où les risques souverains et financiers — ainsi que les liens qui les unissent — accentuent les vents contraires qui freinent la croissance.
L’expansion des États-Unis se poursuit, mais la perspective d’une décélération induite par le retrait progressif des mesures de relance budgétaire demeure inchangée. Dans les pays avancés, nous prévoyons que la croissance reculera de 2,3% en 2018 à 2% en 2019 et à 1,7% en 2020. Avec ce fléchissement de la croissance, l’inflation n’a pas pu décoller. Bien que l’inflation sous-jacente soit proche de la cible aux États-Unis, où la croissance est supérieure à la tendance, elle reste nettement inférieure à l’objectif dans la zone euro et au Japon.
Dans les pays émergents et les pays en développement, l’activité économique devrait connaître un repli à 4,5% en 2019, suivi d’un rebond à 4,9% en 2020. Les projections pour 2019 ont été revues à la baisse (0,2 point de pourcentage) depuis octobre, principalement en raison de la forte contraction prévue en Turquie, dans un contexte de resserrement de la politique et d’ajustement à des conditions de financement extérieur plus restrictives. Le Mexique enregistrera lui aussi une croissance plus faible que prévu en 2019-20, en raison de la baisse de l’investissement privé. Le rebond prévu en 2020 tient à une reprise attendue en Argentine et en Turquie. Les perspectives des pays émergents et des pays en développement tiennent à la persistance de vents contraires liés à la faiblesse des flux de capitaux dus à la hausse des taux directeurs et à la dépréciation du taux de change aux États-Unis, bien qu’ils soient moins extrêmes qu’auparavant. Dans les pays émergents d’Asie, l’inflation a quelque peu perdu son élan vers la fin de 2018.
Dans l’ensemble, les forces cycliques qui ont mû une croissance mondiale généralisée depuis la deuxième moitié de l’année 2017 semblent faiblir un peu plus rapidement que nous ne le prévoyions en octobre. Le commerce et l’investissement ralentissent, la production industrielle hors des États-Unis freine et les indices des directeurs d’achats sont en repli, ce qui témoigne d’une perte de dynamisme. Cela ne signifie pas que nous soyons au bord d’une grande récession, mais il convient de dresser un état des lieux des nombreux risques grandissants.
Les principales sources de risques qui pèsent sur les perspectives sont une escalade des tensions commerciales et une détérioration des conditions financières. Une intensification de l’incertitude autour du commerce international briderait davantage l’investissement et perturberait les chaînes d’approvisionnement mondiales. Un resserrement plus prononcé des conditions financières serait particulièrement coûteux, compte tenu du niveau élevé de la dette des secteurs privé et public.
Le ralentissement de la croissance chinoise pourrait être plus rapide que prévu, surtout en cas de persistance des tensions commerciales, et cela pourrait déclencher des bradages soudains sur les marchés de capitaux et de produits de base, comme c’était le cas en 2015–16. En Europe, le suspense continue de régner autour du Brexit, tandis que la menace liée aux retombées préjudiciables des risques souverains et financiers plane toujours en Italie. Aux États-Unis, une paralysie prolongée du gouvernement fédéral risque d’entraîner une révision à la baisse des perspectives.
Priorités
Dans ce contexte, les dirigeants doivent agir maintenant pour inverser les vents contraires qui agitent la croissance et se préparer à la prochaine récession.
Les pays doivent en priorité coopérer afin de régler rapidement leurs différends commerciaux, au lieu de relever des barrières néfastes et de déstabiliser une économie mondiale déjà chancelante. L’appel à réformer l’Organisation mondiale du commerce, lancé par les dirigeants du G-20 à Buenos Aires, doit être suivi. Là où l’espace budgétaire est restreint, la politique budgétaire doit être adaptée d’une manière propice à la croissance afin d’assurer la viabilité de la dette publique tout en protégeant les plus vulnérables. Les pays avancés doivent continuer de normaliser leur politique monétaire avec prudence. Les grandes banques centrales sont pleinement conscientes de la perte de dynamisme et nous nous attendons à ce qu’elles en tiennent compte dans leurs prochaines décisions. Le recours aux outils macroprudentiels est préconisé là où la vulnérabilité financière s’accentue. Dans tous les pays, il est impératif de prendre des mesures destinées à stimuler la croissance de la production potentielle et à accroître l’inclusion.
Enfin, étant donné que les pays disposent de moins de marge de manœuvre qu’en 2008, une coopération multilatérale s’imposera davantage en cas de ralentissement plus net de la croissance mondiale et il est essentiel que des institutions multilatérales comme le FMI aient suffisamment de ressources pour faire face aux risques croissants.
Dernières projections des Perspectives de l’économie mondiale
L’expansion mondiale est en perte de vitesse.
(variation en pourcentage)
 
Estimations
Projections
 
2018
2019
2020
Production mondiale
3.7
3.5
3.6
Pays avancés
2.3
2.0
1.7
États-Unis
2.9
2.5
1.8
Zone euro
1.8
1.6
1.7
Allemagne
1.5
1.3
1.6
France
1.5
1.5
1.6
ItalieEspag
1.0
0.6
0.9
Espagne
2.5
2.2
1.9
Japon
0.9
1.1
0.5
Royaume-Uni
1.4
1.5
1.6
Canada
2.1
1.9
1.9
Autres pays avancés 
2.8
2.5
2.5
Pays émergents et pays en développement
4.6
4.5
4.9
Communauté des États indépendants
2.4
2.2
2.3
Russie
1.7
1.6
1.7
Russie non comprise
3.9
3.7
3.7
Pays émergents et en développement d’Asie
6.5
6.3
6.4
Chine
6.6
6.2
6.2
Inde
7.3
7.5
7.7
ASEAN-5 
5.2
5.1
5.2
Pays émergents et en développement d’Europe
3.8
0.7
2.4
Amérique latine et Caraïbes
1.1
2.0
2.5
Brésil
1.3
2.5
2.2
Mexique
2.1
2.1
2.2
 Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan
2.4
2.4
3.0
Arabie saoudite
2.3
1.8
2.1
Afrique subsaharienne
2.9
3.5
3.6
Nigéria
1.9
2.0
2.2
Afrique du Sud
0.8
1.4
1.7
Pays en développement à faible revenu
4.6
5.1
5.1
  Source : FMI, Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale, janvier 2019.

                                                                                                                                                                             ****Gita Gopinath
Conseillère économique et directrice du département des études
Gita Gopinath est la conseillère économique et directrice du département des études du Fonds monétaire international (FMI). Elle est en congé pour service public du département d’économie de l’université Harvard, où elle exerce les fonctions de professeure d’études internationales et d’économie, titulaire de la chaire John Zwaanstra.
Les travaux de Mme Gopinath, qui portent essentiellement sur la finance internationale et la macroéconomie, ont été publiés dans bon nombre de revues économiques phares. Elle est l’auteure de nombreux articles traitant des taux de change, du commerce et l’investissement, des crises financières internationales, de la politique monétaire, de la dette et des crises des marchés émergents.
Elle est actuellement corédactrice du Handbook of International Economics, après avoir été corédactrice de l’American Economic Review et rédactrice en chef du Review of Economic Studies. Précédemment, elle a également été corédactrice dans le cadre du programme Finance internationale et macroéconomie du National Bureau of Economic Research (NBER), universitaire invitée à la Banque fédérale de réserve de Boston et membre du groupe consultatif de la Banque fédérale de réserve de New York. De 2016 à 2018, elle était la conseillère économique du ministre en chef de l’État indien du Kerala. Elle a par ailleurs siégé au sein du Groupe des personnalités éminentes étudiant les questions relatives au G-20, pour le compte du ministère indien des Finances.
Mme Gopinath est membre élue de l’Académie américaine des arts et des sciences et de la Société d’économétrie et lauréate du prix Distinguished Alumnus de l’université de Washington. En 2014, elle a été placée sur la liste des 25 économistes les plus influents de moins de 45 ans par le FMI et en 2011, elle a été désignée comme jeune dirigeante mondiale par le Forum économique mondial. Avant de devenir professeure à l’université Harvard en 2005, elle était professeure adjointe d’économie à la Booth School of Business de l’université de Chicago.
Mme Gopinath est née en Inde en 1971. Elle est citoyenne américaine et citoyenne indienne de la diaspora. Elle a obtenu son doctorat en économie à l’université de Princeton en 2001, après avoir obtenu une licence à l’université de Delhi et des diplômes de maîtrise à la Delhi School of Economics et à l’université de Washington.

MIL OSI

Trois mesures à prendre pour prévenir une crise de la dette

Source: IMF – News in French

Martin Mühleisen et Mark Flanagan
le 18 janvier 2019
(Natnan Srisuwan Getty Images by iStock)
 
La question de la viabilité de la dette d’une poignée de pays à risque a suscité un vaste débat public. Le fardeau de la dette publique (a)est pourtant un phénomène qui prend de l’ampleur dans le monde entier.
Dans les pays avancés, malgré un recul récent, la dette publique atteint des niveaux inédits depuis la Deuxième Guerre mondiale. La dette publique accumulée par les pays émergents se situe à des niveaux jamais atteints depuis la crise de la dette des années 1980 et 40 % des pays à faible revenu (24 sur 60) présentent un risque élevé de surendettement, à savoir une incapacité à assurer le service de la dette publique, ce qui pourrait fortement perturber l’activité économique et l’emploi. Il n’est donc pas étonnant que le Japon, qui assure la présidence du G20, ait fait de la viabilité de la dette publique une question prioritaire du programme du Groupe (a).
Des niveaux de dette sans précédent ne constituent pas nécessairement un problème lorsque les taux d’intérêt réels sont très bas, comme c’est actuellement le cas dans de nombreux pays avancés. Ils peuvent toutefois rendre les États beaucoup plus vulnérables à un durcissement des conditions financières mondiales et à une hausse des charges d’intérêts, ce qui pourrait provoquer des corrections sur les marchés, de brusques fluctuations du taux de change et un nouveau ralentissement des flux de capitaux.
Bien évidemment, l’endettement n’est pas forcément néfaste. Il peut en fait permettre de débloquer des fonds indispensables pour investir dans les infrastructures, la santé, l’éducation et d’autres services publics. L’investissement dans des capacités de production, lorsqu’il est effectué avec discernement, peut engendrer une hausse du revenu qui permet de compenser le coût du service de la dette. En outre, une partie de l’augmentation de la dette, en particulier dans des pays avancés, a permis de soutenir la croissance au lendemain de la crise financière mondiale et d’en atténuer les répercussions.
Des problèmes se posent lorsque la dette est déjà élevée et que les ressources provenant de nouveaux emprunts ne sont pas employées à bon escient (notamment à cause de la corruption et de la faiblesse des institutions) ou lorsqu’un pays est touché par une catastrophe naturelle ou un choc économique, tel qu’une inversion brutale des flux de capitaux, qui compromettent sa capacité à rembourser la dette. Certains pays émergents se trouvent actuellement dans cette situation.
Toutefois, ce sont généralement les pays à faible revenu qui connaissent les problèmes d’endettement les plus graves et qui sont souvent les moins bien armés pour les résoudre.
Bon nombre de ces pays ont fortement besoin de dégager des ressources supplémentaires pour se développer et s’en remettent de plus en plus à des émissions obligataires souveraines, à des prêts consentis par de nouveaux créanciers officiels et à des créanciers bancaires étrangers pour obtenir des financements extérieurs. Les obligations souveraines et les prêts aux conditions du marché se caractérisent souvent par des taux d’intérêt plus élevés et des échéances plus courtes, ce qui accroît le coût du service de la dette et en complique la gestion.
Si la diversification des sources de financement présente des avantages, elle est également source de nouvelles difficultés en ce qui concerne la gestion de la dette et, si besoin, sa restructuration, compte tenu de l’absence de mécanismes établis de coordination qui incluraient les nouveaux créanciers.
Quelle marche à suivre pour les prêteurs et les emprunteurs ? Trois mesures prioritaires peuvent contribuer à changer la donne.
Premièrement, il faut redoubler d’efforts pour garantir la viabilité financière des emprunts souverains. Les emprunteurs devraient établir soigneusement leurs plans de dépenses et de déficit budgétaires, afin que la dette publique conserve une trajectoire soutenable. Ils devraient aussi examiner de près les rendements potentiels de leurs projets et leur capacité à rembourser au moyen d’une augmentation des recettes fiscales avant de consentir un nouvel emprunt. Les prêteurs doivent évaluer l’incidence de nouveaux prêts sur l’endettement de l’emprunteur avant de lui octroyer un crédit, ce qui épargnera tant au prêteur qu’à l’emprunteur l’établissement d’accords qui seront source de difficultés financières pour les deux parties.
Deuxièmement, il faut que tous les pays acceptent de rendre compte de leur dette publique de manière exhaustive et transparente. Il reste encore beaucoup à faire pour renforcer les institutions qui enregistrent la dette, la surveillent et la déclarent dans de nombreux pays en développement. Parmi les pays à faible revenu, par exemple, un tiers ne fait pas état des garanties accordées par le secteur public et moins d’un sur dix divulgue la dette des entreprises publiques. Les créanciers peuvent davantage rendre publiques toutes les modalités des prêts qu’ils octroient. Améliorer la transparence des engagements au titre de la dette publique peut contribuer à prévenir l’accumulation d’engagements « cachés » considérables qui constitueront ultérieurement une dette explicite de l’État.
Troisièmement, il faut promouvoir la collaboration entre les créanciers officiels afin de traiter les cas de restructuration de la dette qui font intervenir des prêteurs non traditionnels. Compte tenu de la dette élevée qui est détenue par de nouveaux créanciers, il convient de réfléchir à la manière de rendre efficace la coordination entre les créanciers officiels, si souvent indispensable à la résolution des crises de la dette.
 Le FMI, en coopération avec des institutions partenaires, collabore étroitement avec ses pays membres pour renforcer leurs capacités à enregistrer la dette, à la gérer et à en garantir la transparence. Il améliore ses méthodes d’évaluation de la viabilité de la dette et forme les responsables nationaux à leur application. En outre, il coopère activement avec de nouveaux prêteurs, notamment pour accroître leurs capacités à participer à des restructurations multilatérales de la dette, si celles-ci se révélaient nécessaires.
 Dans les années 1980 et 1990, des négociations éreintantes ont dû être menées pendant des années pour résoudre les crises de la dette en Amérique latine, puis dans des pays pauvres très endettés. Des études et des faits ont souligné comment le surendettement pèse sur la reprise économique dans les pays avancés. Il faut donc anticiper les risques inhérents à l’accumulation actuelle de la dette et prendre les mesures opportunes pour les atténuer. 

*****
Martin Mühleisen est directeur du département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation du FMI. Dans le cadre de ses fonctions, il dirige les travaux relatifs à la direction stratégique du FMI ainsi que l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques de l’institution. Il supervise également les relations du FMI avec d’autres organismes internationaux, dont le G20 et l’Organisation des Nations Unies.
Mark Flanagan est le directeur adjoint du département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation du FMI. Depuis 1998, année où il a rejoint l’institution, il a travaillé sur plusieurs pays en Afrique, en Asie du Sud et en Europe, où il a été chef de mission pour l’Islande et chef de mission adjoint pour l’Ukraine et la Grèce. Depuis 2015, il est le chef de la division politique de la dette au sein dudit département. Il dirige les travaux portant sur des questions d’analyse de la dette et de transparence de la dette, et supervise la réforme des cadres de viabilité de la dette du FMI.

MIL OSI

Renforcer ses moyens de défense contre le prochain ralentissement économique

Source: IMF – News in French

David Lipton
le 17 janvier 2019
La cybersécurité est l’un des défis à relever par l’économie mondiale (photo: Brendan Mcdermid/Newscom)
L’économie mondiale doit relever plusieurs défis complexes qui découlent des mutations technologiques, de la mondialisation et des effets persistants de la crise financière de 2008-09. Dans le même temps, nous observons une érosion de la confiance dans les grandes institutions qui ont permis d’enregistrer une croissance et une prospérité exceptionnelles ces quarante dernières années. Cet état de fait risque de fragmenter l’ordre international qui régit l’économie mondiale.
Parmi les symptômes de cet éclatement figurent l’exacerbation des tensions commerciales, les dissensions avec certaines institutions multilatérales et au sein de celles-ci et une dilution des mesures visant à remédier aux profondes difficultés transnationales du 21e siècle, par exemple le changement climatique, la cybercriminalité et les mouvements de réfugiés. La question se pose forcément : si cela se produit en période de croissance mondiale solide et de relative stabilité financière, que pourrait induire le prochain ralentissement économique?
L’histoire laisse penser qu’un ralentissement se profile à l’horizon et les signes récents d’un essoufflement de la croissance mondiale doivent mettre en évidence l’obligation de se préparer à des événements imprévus.
La méfiance à l’égard des institutions ne se limite pas aux entités multilatérales. La gouvernance nationale a, à bien des égards, perdu tout crédit, comme en témoigne l’agitation consécutive aux élections récentes dans de nombreux pays. Pour prévenir le prochain ralentissement économique et atténuer ses effets lorsqu’il surviendra, les pays doivent renforcer leurs moyens de défense dès maintenant.
Ces moyens de défense englobent la puissance de feu financière, les mesures de lutte contre les crises et les réglementations, dont beaucoup ont été mises en place après la crise financière internationale. Cependant, dans l’état actuel des choses, rien ne garantit que ces moyens seront suffisants pour empêcher une récession parmi d’autres de devenir une nouvelle véritable crise systémique.
Concernant la politique monétaire, la manière dont les banques centrales peuvent riposter à un ralentissement prononcé ou durable donne lieu à d’intenses discussions. À titre d’exemple, durant les précédentes récessions aux États-Unis, la Réserve fédérale a réagi en procédant à des baisses des taux de 500 points de base ou plus et, lors de la crise financière mondiale, les banques centrales ont amplement utilisé leur bilan. Cependant, alors que les taux directeurs sont encore si bas dans tant de pays et que la normalisation des bilans est toujours en cours, cette même riposte des pouvoirs publics ne sera peut-être pas possible.
D’aucuns laissent entendre que des mesures de politique monétaire non conventionnelles pourraient permettre de faire face à une crise via des taux négatifs, des engagements prospectifs à maintenir les taux à des niveaux plus bas pendant plus longtemps que les objectifs d’inflation ou les règles d’action ne le justifient, ou d’autres innovations. Toutefois, comme la pertinence de ces idées est au mieux incertaine, il y a lieu de s’interroger sur l’efficacité de la politique monétaire.
L’autre ligne de défense est la politique budgétaire. De nombreux observateurs soulignent que la marge de manœuvre s’est réduite dans les pays avancés. La dette publique s’est creusée, notamment aux États-Unis à la suite des allégements d’impôts et de l’augmentation des dépenses. Dans bon nombre de pays, les déficits restent trop élevés pour stabiliser ou réduire la dette. Dans le même temps, si le prochain ralentissement est synonyme de chômage et de sous-emploi des ressources économiques, il faut s’attendre à une hausse des multiplicateurs. Cela redonnerait une certaine puissance à la politique budgétaire, même avec des niveaux d’endettement élevés. Il ne faut toutefois pas penser que les autorités disposeront de la marge nécessaire dans leurs budgets pour riposter comme elles l’avaient fait il y a dix ans. Dans le contexte d’une dette souveraine élevée, l’idée de la relance budgétaire risque de susciter beaucoup de réticence sur le plan politique.
Le sentiment que les banquiers ont été épargnés, au détriment du travailleur moyen, a provoqué un mécontentement durable à l’issue de la crise financière mondiale. Par conséquent, une future récession qui mettrait en péril les finances des petites entreprises ou des propriétaires d’un logement se traduirait probablement par des appels à alléger le poids de la dette. Soutenir une fraction plus grande de l’économie pourrait peser sur des finances publiques déjà mises à rude épreuve mais s’abstenir de le faire pourrait accentuer les clivages politiques.
Si une récession menace de nouveau la stabilité des banques, le recours à des plans de sauvetage est à présent limité par la loi, à la suite de réformes de la réglementation financière qui imposent un renflouement interne des propriétaires et prêteurs. Ces nouveaux dispositifs restent néanmoins sous-financés et n’ont pas encore été expérimentés.
Il ne faut pas perdre de vue que l’affaiblissement des principaux marchés des capitaux aux États-Unis au cours de la crise financière mondiale, qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses à travers le monde, a été freiné vigoureusement grâce aux mesures non orthodoxes des banques centrales appuyées par des financements de garantie des ministères des Finances nationaux. Il risque de ne pas être facile de pouvoir les reproduire.
Le fond du problème est que les solutions relevant des politiques nationales et les ressources financières publiques sont peut-être nettement plus restreintes que dans le passé. L’enseignement à tirer de cette possibilité est que chaque pays doit se montrer beaucoup plus prudent pour pérenniser la croissance, réduire les facteurs de vulnérabilité et se préparer à tous les événements qui pourraient survenir.
Une autre conclusion est l’importance de la capacité d’anticipation et d’intervention multilatérale. Les institutions comme le FMI ont joué un rôle déterminant pour répondre aux crises et maintenir l’économie mondiale sur les rails. La capacité à riposter efficacement à ces difficultés a nécessité un processus permanent de réforme qui doit se poursuivre.
Face au mécontentement suscité par le multilatéralisme dans certains pays avancés, il est indispensable que le processus d’évolution du FMI se poursuive, pour tout l’éventail des activités de prêt, d’analyse et de recherche, de façon à ce que nous puissions continuer à accomplir notre mission fondamentale, à savoir stimuler la croissance mondiale et œuvrer à la stabilité financière. Cela sera d’autant plus important si les instruments des politiques nationales s’avèrent insuffisants pour faire face à une crise.
Au cours de la crise financière mondiale, la capacité de prêt du FMI a été portée à environ 1.000 milliards de dollars. Il s’agissait d’une réponse énergique de nos membres durant une période de besoin extrême. De ce point de vue, il est encourageant de noter que le G-20, lors de sa réunion de novembre à Buenos Aires, a réitéré son engagement à soutenir le dispositif mondial de sécurité financière, qui s’articule autour d’un FMI solide et convenablement financé.
La directrice générale du FMI Christine Lagarde a appelé de ses vœux un «nouveau multilatéralisme», qui se consacre à l’amélioration de l’existence de tous les citoyens de la planète et veille à ce que les fruits économiques de la mondialisation et de la technologie soient partagés beaucoup plus largement. Il s’agit d’un objectif essentiel et il faut que nous puissions prévenir les futures crises et réagir efficacement à la prochaine récession. C’est un moyen pratique et pragmatique de vaincre la méfiance à l’égard des institutions et de bâtir un avenir commun et prospère.

*****
David Lipton est le premier directeur général adjoint du FMI, poste qu’il occupe depuis 2011. Avant de rejoindre le FMI, il était assistant spécial du Président Clinton et a occupé les fonctions de directeur principal des affaires économiques internationales au Conseil économique national et au Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche. Il a aussi travaillé dans l’administration Clinton, d’abord en qualité de secrétaire adjoint puis de sous-secrétaire du Trésor pour les affaires internationales. Auparavant, il avait été directeur général de Citi et avait occupé des postes à responsabilités chez Moore Capital Management, fonds spéculatif mondial, et à la Fondation Carnegie pour la paix internationale. Il a aussi été maître de recherche au Woodrow Wilson Center of Scholars.
De 1989 à 1992, M. Lipton a fait équipe avec Jeffrey Sachs, alors professeur à l’Université Harvard, en qualité de conseillers économiques auprès des gouvernements de la Russie, de la Pologne et de la Slovénie durant leur transition vers le capitalisme.
M. Lipton est titulaire d’un doctorat et d’une maîtrise de l’Université Harvard et d’une licence de la Wesleyan University.

MIL OSI

Combien devez-vous épargner en vue de votre retraite ?

Source: IMF – News in French

David Amaglobeli, Era Dabla-Norris et Vitor Gaspar
le 15 janvier 2019
L’épargne nécessaire pour financer votre retraite dépend du régime en place dans votre pays. Dans une étude (a) récente, le FMI s’est penché sur les liens entre épargne et systèmes de retraite dans un monde vieillissant. S’appuyant sur les données de 80 pays, les auteurs ont projeté l’évolution d’ici 30 ans de l’épargne publique et privée dans les pays en question, compte tenu du vieillissement de leur population et de la nature de leur système de retraite.
Selon l’étude, l’épargne privée détermine l’évolution de l’épargne nationale. À politiques équivalentes, le vieillissement de la population fera grimper les dépenses publiques consacrées aux pensions d’un peu plus de deux points de pourcentage du PIB d’ici 2050. Toutefois, l’effet du vieillissement de la population sur l’épargne des ménages varie considérablement d’un pays à l’autre et les caractéristiques du système de retraite dans un pays donné ont une incidence déterminante sur l’épargne. Les décideurs doivent comprendre les facteurs de ces variations du taux d’épargne, car l’épargne offre une protection contre les ralentissements économiques et comme elle est un outil de financement des investissements, elle stimule la croissance économique à long terme.
Assez vieux pour savoir, mais encore assez jeune pour ne pas agir
Que vous soyez un « millénial » en début de carrière, un enseignant ou un ouvrier dans la quarantaine, ou un travailleur autonome, votre vie productive se terminera inéluctablement par la retraite.
Peut-être aurez-vous alors droit à une pension publique généreuse, mais peut-être aussi, selon votre pays de résidence, devrez-vous vous contenter d’une maigre pension. La valeur de votre pension sera dans certains cas fondée sur votre rémunération passée ou dépendra des sommes accumulées dans un compte de retraite spécial, comme les comptes 401(K) aux États‑Unis. Dans la planification de votre retraite, il importe aussi de tenir compte de l’épargne bancaire et, éventuellement, de l’accumulation de fonds dans un portefeuille de placements.
De manière générale, la relation à l’épargne fluctue au fil d’une vie. Les jeunes empruntent, les gens au sommet de leur carrière épargnent et les personnes plus âgées vivent de leurs épargnes. Comme les sociétés vieillissantes comptent une plus forte proportion de personnes âgées, l’épargne globale y sera probablement inférieure. Par ailleurs, l’espérance de vie augmentant, les gens doivent épargner davantage en prévision de leur retraite pendant leur vie active.

L’importance de votre attitude face à l’épargne
Notre étude démontre que l’évolution de l’épargne privée influe directement sur l’épargne nationale. Dans les pays émergents et les pays en développement à faible revenu, la jeunesse relative de la population fait en sorte que l’épargne privée est plus élevée. Il faut en revanche s’attendre à ce que le taux d’épargne privée dans les pays avancés vieillissants se contracte fortement. Notre étude confirme aussi que les dépenses publiques consacrées aux pensions augmenteront dans les pays émergents et dans les pays à faible revenu, là où les autorités n’ont pas encore réformé le régime des prestations de retraite.

Ces agrégats masquent des différences considérables d’un pays à l’autre, dues à la conception variable des systèmes de retraite. Les caractéristiques les plus déterminantes sont la générosité du régime public et la présence ou l’absence de comptes réservés à l’épargne-retraite.
Dans des contextes similaires, un régime de retraite public généreux influera à la baisse sur l’épargne publique (en raison des dépenses plus élevées consacrées aux pensions) et sur l’épargne privée (la nécessité d’épargner est moindre puisque le niveau de vie des retraités dépend moins de leur propre épargne). Inversement, un régime public moins généreux peut conduire à une augmentation de l’épargne privée, car, confrontés à la nécessité d’autofinancer leur retraite, les gens épargneront davantage.
Prenons pour exemples la Russie et l’Australie, deux pays vieillissants où les contribuables ont accès à des comptes d’épargne-retraite spéciaux. En Australie, les pensions versées à la population sont moins généreuses si on les compare au revenu national. Il s’ensuit que l’épargne en Australie devrait augmenter beaucoup plus rapidement qu’en Russie.
En facilitant l’épargne en vue de la retraite au moyen de comptes d’épargne-retraite spéciaux, comme les comptes personnels de retraite aux États-Unis (les « IRA »), on stimule l’épargne privée. Dans les pays où de tels comptes existent, l’épargne privée devrait donc augmenter, au contraire des autres pays.
Quelles options ?
Dans les pays disposant de généreux régimes de retraite publics, il est possible d’atténuer l’insuffisance (future) du financement en limitant l’accès à une retraite anticipée ou en révisant à la baisse les prestations de retraite.
Dans les pays avancés, des réformes de cette nature ont réduit la valeur des pensions publiques. Pour maintenir leur niveau de vie à la retraite, les travailleurs actuels devront donc travailler plus longtemps et épargner davantage.
Selon nos simulations, deux facteurs pourraient permettre aux futurs retraités de maintenir un niveau de vie similaire à leur niveau actuel. Premièrement, l’âge de la retraite devrait être graduellement relevé de l’âge moyen actuel de 63 ans à 68 ans d’ici 2050, date à laquelle l’espérance de vie devrait également avoir augmenté de quelque 3 ans. Deuxièmement, les gens devraient augmenter le niveau de leur épargne et mettre de côté en vue de la retraite une tranche additionnelle de 6 % de leurs revenus annuels.
Les administrations publiques peuvent aider les citoyens en favorisant le développement d’instruments financiers aptes à stimuler l’épargne volontaire et en encourageant les travailleurs à prolonger leur vie productive. Dans les pays émergents et les pays à faible revenu, les administrations publiques pourraient aussi stimuler le travail dans l’économie formelle.
Dans certains pays comme la Chine et la Corée, l’épargne privée est déjà très élevée, mais les régimes de retraite et de sécurité sociale sont relativement défaillants. Les dirigeants de ces pays devraient donc songer à rendre le régime de retraite plus généreux, ce qui pourrait réduire l’épargne de précaution des ménages et réduire du même coup les inégalités et la pauvreté chez les personnes du troisième âge.
Collectivement, ces politiques pourraient atténuer la baisse prévue de l’épargne nationale tout en améliorant la viabilité des systèmes de pensions et en garantissant aux personnes un niveau de vie correct à la retraite.
(a) en anglais
*****
David Amaglobeli est directeur adjoint du département des finances publiques du FMI. Il a précédemment travaillé dans des dossiers de surveillance intense et participé à la conception et à l’examen de programmes bénéficiant de l’appui du FMI dans des pays en crise, dont, tout récemment, l’Ukraine. Avant son arrivée au FMI en novembre 2009, il avait occupé plusieurs postes en Géorgie, son pays natal, dont celui de gouverneur intérimaire de la Banque nationale de Géorgie et celui de sous-ministre des Finances. Dans l’exercice de ses fonctions officielles, il a négocié l’accord de restructuration de la dette avec le Club de Paris et a mis en place un régime de ciblage de l’inflation.
Era Dabla-Norris est chef de division au département des finances publiques du FMI. Elle travaille actuellement à résoudre des problématiques ayant trait aux réformes structurelles et à la productivité, à l’inégalité des revenus, aux risques et effets de contagion budgétaire, ainsi qu’aux dynamiques budgétaires et démographiques. Depuis son arrivée au FMI, elle a travaillé dans le dossier de nombreux pays avancés, émergents et à faible revenu. Elle est aussi l’auteure de nombreuses publications sur un large éventail de sujets.
Vitor Gaspar, ressortissant portugais, est directeur du département des finances publiques du FMI. Avant de rejoindre le FMI, il a occupé différents postes de haut niveau à la Banque du Portugal, notamment en dernier lieu, celui de conseiller spécial. De 2011 à 2013, il a été ministre des Finances du Portugal, avec rang de ministre d’État. Il a dirigé le Bureau des conseillers de politique européenne de la Commission européenne de 2007 à 2010 et a été directeur général des études à la Banque centrale européenne de 1998 à 2004. Vitor Gaspar est titulaire d’un doctorat et d’un diplôme postdoctoral en économie de l’université nouvelle de Lisbonne. Il a aussi étudié à l’université catholique portugaise.

MIL OSI

Le conseil d’administration du FMI achève les consultations de 2018 au titre de l’article IV avec le Burkina Faso

Source: IMF – News in French

Le 21 décembre 2018, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les consultations au titre de l’article IV [1] avec le Burkina Faso. Le conseil a achevé aussi la première revue des résultats économiques obtenus par le Burkina Faso dans le cadre d’un programme triennal appuyé par un accord avec le FMI au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) ; un communiqué de presse a été publié séparément à ce sujet.
L’économie du Burkina Faso s’est montrée très résiliente face à des problèmes de sécurité considérables au cours des deux dernières années. Le PIB a progressé de 6,3 % en 2017, après une hausse de 5,9 % en 2016, et sa croissance devrait se stabiliser à 6 % en 2018. L’activité est portée par une politique budgétaire expansionniste, notamment une augmentation des dépenses d’équipement en 2017. L’inflation s’est établie à 2,1 % sur un an fin décembre 2017 et est restée à ce niveau en 2018. La dette publique est tombée à 38,4 % du PIB en 2017 : l’impact des nouveaux emprunts a été compensé par l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar et par une croissance vigoureuse du PIB. Les perspectives risquent d’être révisées à la baisse, principalement en raison de la menace de nouvelles attaques terroristes, qui pourraient peser sur l’activité minière et le tourisme, ainsi que des tensions et des troubles sociaux, qui pourraient compromettre la perception des recettes et accentuer la pression sur les dépenses courantes.
Évaluation par le conseil d’administration [2]
Les administrateurs souscrivent à l’orientation générale de l’évaluation effectuée par les services du FMI. Ils saluent les résultats globalement satisfaisants qui ont été obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC. Les administrateurs notent que le Burkina Faso est confronté à des problèmes de développement considérables, qui se sont intensifiés récemment en raison de la situation sécuritaire et des troubles sociaux. En dépit des progrès enregistrés au cours des dernières années, les indicateurs de développement humain du Burkina Faso restent parmi les plus bas du monde et la pauvreté demeure élevée. Étant donné les risques de révision à la baisse des perspectives, les administrateurs soulignent qu’il importe pour les autorités de mettre en œuvre fermement leur politique macroéconomique et leurs réformes structurelles pour préserver la stabilité macroéconomique, favoriser une croissance inclusive et améliorer les conditions de vie.
Les administrateurs soulignent qu’il importe de renforcer la discipline et la transparence sur le plan budgétaire. Ils notent avec satisfaction que les autorités sont déterminées à maintenir le déficit budgétaire en-deçà de 3 % du PIB d’ici 2019, et qu’elles ont décidé de fonder leurs budgets sur des projections de recettes réalistes. Étant donné l’augmentation des besoins de dépenses de sécurité, conjuguée au vaste programme social et de développement, les administrateurs engagent les autorités à redoubler d’efforts pour mobiliser des recettes intérieures supplémentaires en opérant des réformes dans les administrations de l’impôt et des douanes ainsi qu’en agissant sur la politique fiscale. Ils saluent l’ajustement récent des prix des carburants à la pompe face à l’augmentation des prix internationaux des carburants, ainsi que l’adoption d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants qui devrait protéger le budget contre des besoins de subventions imprévus, tout en encourageant les autorités à prendre des mesures pour protéger les groupes les plus vulnérables. Les administrateurs notent avec satisfaction aussi que les autorités sont déterminées à budgétiser ex ante tout besoin de subventions aux carburants qui subsiste.
Les administrateurs engagent les autorités à accélérer les réformes de la rémunération dans le secteur public afin d’inverser la hausse rapide de la masse salariale de ce secteur et à concrétiser les recommandations de la conférence qui a réuni les différentes parties prenantes en juin 2018. Ils soulignent que, pour contenir la masse salariale à court terme, il convient de réduire les embauches dans les secteurs non prioritaires et d’examiner les possibilités de rationalisation des prestations et des primes. À terme, l’engagement pris par les autorités de maîtriser la masse salariale et d’en assurer la viabilité devrait être formalisé dans le budget pluriannuel 2020-2022 et le document de programmation économique.
Les administrateurs encouragent les autorités à continuer d’améliorer la qualité et l’efficience de l’investissement public grâce à une priorisation et à une analyse coûts-avantages des projets, y compris des partenariats publics-privés. Les administrateurs recommandent aussi de renforcer la gestion de la dette, notamment en établissant une stratégie robuste et prudente à moyen terme. Les autres financements extérieurs doivent rester concessionnels et être envisagés avec prudence.
Les administrateurs encouragent à opérer des réformes structurelles supplémentaires pour éliminer les obstacles qui limitent la compétitivité de l’économie. Il s’agit en priorité de réduire les goulets d’étranglement dans les infrastructures, notamment dans les secteurs de l’énergie et du transport, d’accroître la productivité et la valeur ajoutée dans le secteur agricole, de diversifier l’économie et de permettre au secteur financier de mieux favoriser une croissance inclusive. Les administrateurs soulignent qu’il est essentiel d’améliorer l’accès aux services financiers pour faciliter la diversification de l’économie et la transformation structurelle. Ils encouragent les autorités à continuer de renforcer le dispositif de lutte contre la corruption.
Il est prévu que la prochaine consultation avec le Burkina Faso titre de l’article IV se déroulera conformément à la décision du conseil d’administration relative au cycle de consultation pour les pays membres ayant un accord avec le FMI. 
Tableau 1. Burkina Faso : principaux indicateurs économiques et financiers, 2015–23
[1] Conformément aux dispositions de l’article IV de ses statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des informations économiques et financières et s’entretient avec les responsables nationaux de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission préparent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du conseil d’administration.[2] À l’issue des délibérations, la directrice générale, en qualité de présidente du conseil d’administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du conseil d’administration à l’adresse : http://www.imf.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm.

MIL OSI

Le conseil d’administration du FMI achève la deuxième revue de l’accord en faveur de la Guinée au titre de la facilité élargie de crédit

Source: IMF – News in French

le 21 décembre 2018
La décision du conseil d’administration permet de procéder immédiatement au troisième décaissement de 23,9 millions de dollars en faveur de la Guinée.
Le programme de la Guinée appuyé par la FEC vise à favoriser une croissance élevée et généralisée, ainsi qu’à réduire la pauvreté tout en préservant la stabilité.
Le 21 décembre 2018, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la deuxième revue des résultats économiques obtenus par la Guinée dans le cadre de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) [1]. L’achèvement de cette revue permet de décaisser immédiatement 17,213 millions de DTS (environ 23,9 millions de dollars), ce qui porte le total des décaissements au titre de l’accord à 51,636 millions de DTS (environ 71,6 millions de dollars). Le conseil d’administration a approuvé aussi les demandes présentées par les autorités d’une modification d’un critère de réalisation et d’une dérogation pour inobservation d’un critère de réalisation.
L’accord FEC triennal en faveur de la Guinée a été approuvé par le conseil d’administration du FMI le 11 décembre 2017 (voir communiqué de presse n° 17/484) pour un montant de 120,488 millions de DTS (environ 167,2 millions de dollars au moment de l’approbation de l’accord, ou 56,25 % de la quote-part du pays). L’accord FEC vise à renforcer la résilience, à accroître l’investissement public dans les infrastructures tout en préservant la stabilité, à renforcer le dispositif de sécurité sociale et à promouvoir le développement du secteur privé.
À l’issue des débats du conseil d’administration sur la Guinée, M. Mitsuhiro Furusawa, président par intérim et directeur général adjoint, a prononcé la déclaration ci-après :
« La Guinée met en œuvre un programme de mesures et de réformes macroéconomiques visant à réaliser une croissance élevée et généralisée, ainsi qu’à réduire la pauvreté tout en préservant la stabilité macroéconomique. Les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par l’accord FEC ont été satisfaisants pour ce qui est des objectifs de fin juin, et les réformes appuyées par le programme ont bien progressé. Étant donné l’insuffisance des recettes, les autorités ont pris des mesures supplémentaires pour atteindre l’objectif budgétaire fixé pour fin 2018. La croissance reste vigoureuse et les perspectives à moyen terme sont favorables.
« Un excédent budgétaire de base contribuera à préserver la stabilité macroéconomique. La mobilisation de recettes fiscales supplémentaires permettra d’accroître les investissements dans les infrastructures qui sont propices à la croissance. Les autorités visent aussi à réduire les subventions non ciblées à l’électricité et ont un mécanisme d’ajustement automatique des prix du pétrole. Il sera important de prêter attention à l’impact social de ces réformes prévues, notamment en renforçant le dispositif de sécurité sociale.
« Il sera crucial de gérer prudemment la dette afin d’en maintenir la viabilité. La limitation des emprunts non concessionnel et le renforcement de la gestion des finances publiques et de l’investissement contribueront à préserver la viabilité de la dette et favoriseront l’efficience et la transparence.
« Une stratégie plus active d’accumulation des réserves contribuera à constituer des amortisseurs extérieurs et à renforcer la résilience du pays aux chocs. Une intensification de la concurrence sur le marché des changes et l’adoption d’une stratégie d’intervention fondée sur des règles favoriseront aussi l’assouplissement du taux de change.
« La politique monétaire restera prudente afin de préserver une inflation modérée. Les autorités continueront de limiter les emprunts de l’État à la banque centrale et adopteront une gestion des liquidités plus active. Un renforcement du contrôle bancaire et du cadre de réglementation contribuera à la stabilité du secteur financier.
« Les autorités sont déterminées à faire avancer les réformes structurelles qui sont propices à la croissance. Une amélioration du dispositif de lutte contre la corruption et du climat des affaires permettra de renforcer la gouvernance et de faciliter le développement du secteur privé. »

[1] La FEC est un mécanisme de prêt qui apporte un accompagnement soutenu à moyen ou à long terme sous la forme d’un programme dans les cas de problèmes persistants de balance des paiements.

Département de la communication du FMI
RELATIONS AVEC LES MÉDIAS
ATTACHÉ DE PRESSE: Gediminas Vilkas
TÉLÉPHONE:+1 202 623-7100COURRIEL: MEDIA@IMF.org

MIL OSI

Le conseil d’administration du FMI achève la première revue de l’accord en faveur du Burkina Faso au titre de la facilité élargie de crédit et approuve un décaissement de 25,1 millions de dollars

Source: IMF – News in French

le 21 décembre 2018
Le Burkina Faso est confronté à des déficits élevés sur le plan social et des infrastructures physiques, à une détérioration de la situation sécuritaire et à l’inquiétude d’une population en expansion rapide face aux perspectives économiques.
Le programme du Burkina Faso a pour objectif de créer l’espace budgétaire nécessaire pour les dépenses prioritaires.
Le 21 décembre 2018, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la première revue des résultats économiques obtenus par le Burkina Faso dans le cadre d’un programme triennal qui est appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC) du FMI. L’achèvement de cette revue permet de décaisser l’équivalent de 18,06 millions de DTS (environ 25,1 millions de dollars), ce qui porte le total des décaissements au titre de l’accord à l’équivalent de 36,12 millions de DTS (environ 50,1 millions de dollars). Le conseil d’administration a approuvé aussi les demandes présentées par les autorités d’une dérogation pour inobservation d’un critère de réalisation et de la modification d’un critère de réalisation.
L’accord FEC triennal en faveur du Burkina Faso, d’un montant équivalent à 108,36 millions de DTS (environ 150,3 millions de dollars, ou 90 % de la quote-part du pays au moment de son approbation), a été approuvé le 14 mars 2018 (voir communiqué de presse n° 18/86). L’un des objectifs principaux du programme consiste à créer l’espace budgétaire qui est nécessaire pour engager les dépenses prioritaires en renforçant la mobilisation des recettes, en maîtrisant les dépenses courantes et en améliorant l’efficience de l’investissement public.
Le conseil d’administration a achevé aussi les consultations de 2018 au titre de l’article IV. Un communiqué de presse sera publié séparément à ce sujet.
À l’issue des débats du conseil d’administration, M. Tao Zhang, directeur général adjoint et président par intérim, a prononcé la déclaration ci-après :
« Avec les mesures prises récemment par les autorités, le programme appuyé par la FEC est globalement en bonne voie. Le Burkina Faso est un pays à faible revenu qui fait face à de gros problèmes de développement. En dépit de certains progrès au cours des dernières années, les indicateurs de développement humain restent parmi les plus bas du monde, et la pauvreté demeure élevée. Il est prioritaire notamment de réduire les goulets d’étranglement dans les infrastructures, notamment dans les secteurs de l’énergie et du transport, d’accroître la productivité et la valeur ajoutée dans le secteur agricole, de diversifier l’économie et de permettre au secteur financier de mieux soutenir une croissance inclusive.
« Les autorités restent fermement déterminées à mettre en œuvre le programme appuyé par la FEC en dépit des difficultés rencontrées et des risques pesant sur les perspectives, notamment en raison de la situation sécuritaire et des tensions sociales. Dans l’immédiat, les autorités doivent chercher à atteindre leurs objectifs en matière de développement et de sécurité tout en tenant l’engagement qu’elles ont pris d’atteindre un déficit budgétaire de 3 % du PIB au maximum d’ici 2019.
« Les besoins croissants en matière de dépenses de sécurité, conjugués au vaste programme social et de développement, rendent cruciale l’accélération des réformes. À court et à moyen terme, il convient de créer un espace budgétaire pour les dépenses prioritaires (investissement, social et sécurité) en mobilisant davantage de recettes, en maîtrisant les dépenses récurrentes, en particulier la masse salariale, et en améliorant l’efficience des dépenses.
« Les autorités sont encouragées à accélérer les vastes réformes du système de rémunération dans le secteur public qui sont déjà en cours afin de freiner la hausse insoutenable de la masse salariale du secteur public. À court terme, il convient de s’efforcer de limiter la croissance de la masse salariale, notamment en réduisant les recrutements dans les secteurs non prioritaires et en examinant les possibilités de rationaliser les allocations et les primes. »

Département de la communication du FMI
RELATIONS AVEC LES MÉDIAS
ATTACHÉ DE PRESSE: Gediminas Vilkas
TÉLÉPHONE:+1 202 623-7100COURRIEL: MEDIA@IMF.org

MIL OSI

IMF Executive Board Completes Second Review of the Extended Credit Facility with Guinea

Source: IMF – News in French

le 21 décembre 2018
Executive Board decision allows an immediate third disbursement of US$23.9 million to Guinea.
Guinea’s ECF-supported program aims at fostering high and broad-based growth and reducing poverty while preserving stability.
On December 21, 2018, the Executive Board of the International Monetary Fund (IMF) completed the second review of Guinea’s economic performance under the Extended Credit Facility (ECF) [1] arrangement. Completion of this review enables the immediate disbursement of SDR 17.213 million (about US$23.9 million), bringing total disbursements under the arrangement to SDR 51.636 million (about US$71.6 million). The Board also approved the authorities’ request for modification and a waiver of non-observance of a performance criterion.
Guinea’s three-year ECF arrangement was approved by the Executive Board of the IMF on December 11, 2017 (see Press Release No. 17/484) for SDR 120.488 million (about US$167.2 million at the time of the arrangement’s approval, or 56.25 percent of Guinea’s quota). The ECF arrangement aims at strengthening resilience, scaling-up public investment in infrastructure while preserving stability, strengthening social safety nets, and promoting private sector development.
Following the Executive Board’s discussion on Guinea, Mr. Tao Zhang, Acting Chair and Deputy Managing Director, issued the following statement:
“Guinea is implementing a program of macroeconomic policies and reforms to achieve high and broad-based growth and reduce poverty while preserving macroeconomic stability. Performance under the ECF-supported program against end-June targets was satisfactory and program-supported reforms advanced well. In view of revenue shortfalls, the authorities have undertaken additional measures to achieve the end-2018 fiscal target. The strong growth momentum continues, and the medium-term outlook is favorable.
“Achieving a basic fiscal surplus will support preserving macroeconomic stability. Mobilizing additional tax revenues will allow scaling-up growth-supporting infrastructure investment. The authorities also aim to reduce untargeted electricity subsidies and have an automatic adjustment mechanism for petroleum prices. Attention to the social impact of these planned reforms will be important, including by strengthening social safety nets.
“Prudent debt management will be crucial to maintaining debt sustainability. Limiting non-concessional borrowing and enhancing public finance and investment management will help preserve debt sustainability and support efficiency and transparency.
“A more active strategy to accumulate reserves will help build external buffers and strengthen Guinea’s resilience to shocks. Increasing competition in the foreign exchange market and moving to a rule-based intervention strategy will also support greater exchange rate flexibility.
“Monetary policy will remain prudent to preserve moderate inflation. The authorities will continue to limit government budgetary borrowing from the central bank and move toward a more active liquidity management. Strengthening banking supervision and the regulatory framework will support financial sector stability.
“The authorities are committed to advancing growth-supporting structural reforms. Strengthening the anti-corruption framework and the business climate will enhance governance and support private sector development.”

[1] The ECF is a lending arrangement that provides sustained program engagement over the medium to long term in case of protracted balance of payments problems.

Département de la communication du FMI
RELATIONS AVEC LES MÉDIAS
ATTACHÉ DE PRESSE: Gediminas Vilkas
TÉLÉPHONE:+1 202 623-7100COURRIEL: MEDIA@IMF.org

MIL OSI